Protection plutôt que sanction : la logique de la loi de 1992
Le droit luxembourgeois actuel ne connaît pas d'âge de responsabilité pénale au sens français : jusqu'à 18 ans, l'infraction déclenche une procédure de protection, non de répression. Le juge de la jeunesse, saisi par le procureur d'État, instruit lui-même le dossier, entend le mineur et ses parents, ordonne des enquêtes sociales et décide de la mesure la plus adaptée. Les mesures peuvent être révisées à tout moment et prennent fin, au plus tard, à la majorité, sauf prolongation décidée par le tribunal.
Cela ne signifie pas que l'enjeu soit faible : un placement au Centre socio-éducatif de l'État (Dreiborn, Schrassig) ou dans l'unité de sécurité (UNISEC) est une privation de liberté réelle, et la mesure figure au dossier du mineur. La défense consiste à proposer au juge une alternative crédible : suivi éducatif, cadre familial, projet scolaire ou professionnel.