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Droit pénal — Luxembourg

Perquisition et garde à vue au Luxembourg : vos droits

La « garde à vue » n'existe pas sous ce nom au Grand-Duché : on parle de rétention, limitée à 24 heures, suivie le cas échéant d'une présentation au juge d'instruction. La perquisition obéit elle aussi à des règles propres, différentes de celles du Code de procédure pénale français. Voici ce qu'il faut savoir avant de répondre à la Police grand-ducale.

Les situations où il faut appeler sans attendre


Un avocat inscrit au Barreau de Luxembourg peut intervenir dès la notification de vos droits. Le cabinet de Belair est à cinq minutes de la Cité judiciaire.

  • Vous êtes retenu dans un commissariat de la Police grand-ducale et l'on vous propose de signer un procès-verbal.
  • Des policiers se présentent chez vous ou dans votre entreprise avec une ordonnance de perquisition, ou vous demandent votre accord pour entrer.
  • Votre téléphone, votre ordinateur ou des documents professionnels ont été saisis.
  • Un proche vient d'être présenté au juge d'instruction et un mandat de dépôt est envisagé.
  • Vous êtes frontalier, retenu au Luxembourg pour des faits reprochés dans le cadre de votre travail.
  • Une commission rogatoire luxembourgeoise vise votre domicile ou votre société en France.

La rétention : 24 heures, pas une de plus

Contrairement à la garde à vue française, renouvelable jusqu'à 48 heures et davantage en matière de criminalité organisée, la rétention luxembourgeoise est limitée à 24 heures sans prolongation. Cette brièveté a une conséquence pratique : tout se joue vite. Les déclarations faites pendant ces heures figurent au procès-verbal et pèsent sur la suite, y compris sur la décision du juge d'instruction de placer ou non en détention préventive.

Depuis la loi du 8 mars 2017, la personne retenue reçoit une déclaration écrite de ses droits. Le droit à l'avocat s'exerce avant le premier interrogatoire ; si l'avocat choisi ne peut être joint, un avocat de permanence est désigné sur les listes du Barreau. Le bon réflexe est le même qu'en France : demander son avocat, s'entretenir avec lui, puis décider ensemble de parler ou de se taire.

La perquisition : accord, ordonnance, horaires

Pendant l'enquête préliminaire, la police ne peut perquisitionner chez vous qu'avec votre accord écrit, sauf en cas de flagrant délit. Vous pouvez refuser ; le parquet devra alors saisir le juge d'instruction. Pendant l'instruction, la perquisition est ordonnée par le juge d'instruction et ne peut, à peine de nullité, commencer avant 6 h 30 ni après 20 h, sauf flagrant délit ou cas prévus par la loi.

Les objets et documents saisis sont inventoriés et placés sous scellés ; vous pouvez en demander copie et solliciter leur restitution auprès de la chambre du conseil. La saisie d'un téléphone ou d'un ordinateur pose des questions spécifiques (codes d'accès, données professionnelles couvertes par le secret) qui méritent d'être discutées avec l'avocat avant toute remise volontaire.

Après la rétention : juge d'instruction et chambre du conseil

À l'issue des 24 heures, le procureur d'État décide : remise en liberté, citation directe devant le tribunal, ou saisine du juge d'instruction. Celui-ci vous entend en présence de votre avocat, vous inculpe le cas échéant et peut décerner un mandat de dépôt. La détention préventive s'exécute au Centre pénitentiaire de Luxembourg à Schrassig.

Une demande de mise en liberté provisoire peut être adressée à tout moment à la chambre du conseil du tribunal d'arrondissement, avec appel possible devant la chambre du conseil de la Cour d'appel. Pour un résident étranger, l'enjeu est de démontrer des garanties de représentation suffisantes (domicile, emploi, attaches) afin d'éviter que l'adresse hors du Grand-Duché ne soit lue comme un risque de fuite.

Frontaliers et sociétés françaises : la dimension transfrontalière

Les faits reprochés à un frontalier sont souvent liés à son emploi au Luxembourg : abus de confiance, faux, infractions routières graves, stupéfiants. Les autorités luxembourgeoises peuvent demander à la France, par commission rogatoire ou décision d'enquête européenne, une perquisition au domicile mosellan ou au siège d'une société française. Inversement, un juge français peut solliciter des actes au Luxembourg. Inscrite aux deux Barreaux, j'interviens sur les deux volets et veille à la régularité des actes transmis d'un pays à l'autre. Voir la pratique transfrontalière du cabinet et le guide sur le mandat d'arrêt européen.

Questions fréquentes


Dois-je répondre aux questions de la Police grand-ducale ?

Non. Vous avez le droit de garder le silence et de ne pas vous auto-incriminer, et ce silence ne peut vous être reproché. Vous devez en revanche décliner votre identité. La décision de parler ou non se prend avec l'avocat, après lecture des éléments dont dispose la police.

La police peut-elle entrer chez moi sans mon accord au Luxembourg ?

En dehors du flagrant délit, non : pendant l'enquête préliminaire, la perquisition suppose votre consentement écrit. Sans lui, seule une ordonnance du juge d'instruction permet d'entrer, et uniquement entre 6 h 30 et 20 h. Refuser n'est pas un aveu ; c'est l'exercice d'un droit.

Puis-je être retenu plus de 24 heures ?

La rétention policière ne peut pas dépasser 24 heures. Au-delà, seul le juge d'instruction peut vous priver de liberté, par un mandat de dépôt susceptible de recours devant la chambre du conseil. Si les 24 heures sont dépassées sans présentation au juge, la mesure est irrégulière.

Mon téléphone a été saisi : doivent-ils me le rendre ?

Les objets saisis sont placés sous scellés jusqu'à la fin de l'enquête ou de l'instruction. Une demande de restitution peut être présentée à la chambre du conseil. Vous n'êtes pas tenu de communiquer vos codes de déverrouillage ; la question mérite d'être discutée avec l'avocat compte tenu des données présentes.

Je suis français : puis-je demander un avocat français ?

Vous pouvez demander l'avocat de votre choix, mais seul un avocat inscrit à un Barreau luxembourgeois peut vous assister devant les autorités du Grand-Duché. Inscrite à Luxembourg et à Metz, j'interviens directement à Luxembourg-Ville et assure le suivi éventuel en France.

Rétention ou perquisition en cours au Luxembourg ?

Appelez avant de signer quoi que ce soit. Pour les autres situations, le premier rendez-vous est offert, au cabinet de Belair ou à Metz.